Je sais quoi faire, mais comment lui faire une place dans ma vraie vie?

Tu sais que tu aimerais mieux manger, bouger, prendre du temps pour toi et dormir suffisamment. Pourtant, tes habitudes finissent par passer après tout le reste.
Être accompagnée peut t’aider à comprendre ce qui rend ces habitudes difficiles à maintenir et à leur faire une place réaliste dans ton quotidien. Chez Clinispa Kaméva, à Gatineau, nous commençons par explorer ce que tu vis, tes besoins et ce que tu souhaites retrouver.
Lorsque quelqu’un me dit : « Je sais quoi faire, mais je n’arrive pas à le maintenir », je veux d’abord comprendre de quoi cette personne parle. Quelle habitude aimerait-elle garder? Qu’est-ce qui se passe dans ses journées? Que représente ce changement pour elle?
Comme infirmière et copropriétaire de Kaméva, je crois que ces questions méritent du temps. Avant de proposer une nouvelle action, nous pouvons regarder la place qu’elle pourrait réellement prendre dans sa vie.
Pourquoi mes habitudes passent-elles toujours après le reste?
Une maman nous a parlé de ses difficultés à maintenir une alimentation équilibrée, de l’activité physique et du temps pour elle, tout en prenant soin de la maisonnée.
Ce qui lui pesait, c’était la fatigue et l’impression de toujours courir sans jamais rattraper tout ce qu’il y avait à faire. Ses journées commençaient déjà dans la course : se préparer, préparer les enfants, partir à l’école et au travail. Puis venaient les lunchs, le souper, les devoirs et les activités des autres.
Dans ce quotidien, ses propres besoins trouvaient difficilement une place. Elle souhaitait retrouver de l’énergie, avoir davantage de prise sur sa vie et sortir du pilote automatique.
Nous avons choisi de regarder une semaine complète et de l’inscrire dans un carnet. Le but était de voir ce qui était vraiment important pour elle, ce qui prenait beaucoup d’énergie et ce qui pouvait être réorganisé ou partagé.
Ce travail a fait ressortir quelque chose de concret : l’agenda était dans sa tête. Elle pensait aux tâches, organisait la suite et redirigeait constamment. Sa famille ne pouvait pas deviner tout ce qu’elle portait.Elle-même ne figurait jamais dans cet agenda.
Partager les responsabilités pour retrouver une place pour soi
Ses enfants étaient préados, en âge de contribuer à certaines responsabilités familiales. Jusque-là, ils recevaient surtout leur assiette à table. Selon ce qu’elle nous a raconté, leur participation n’avait pas été demandée ni organisée comme une activité commune.
Le souper est devenu une occasion de revoir cette façon de fonctionner : comment chacun pouvait-il contribuer? Quelles responsabilités étaient communes plutôt qu’uniquement les siennes?
La réflexion portait sur l’organisation de la famille autant que sur les habitudes de cette maman. Elle pouvait mettre des mots sur ce qu’elle assumait et rendre les attentes plus visibles. Elle a ensuite rapporté une différence : elle se sentait de moins en moins seule dans sa bulle, et sa famille prenait des initiatives.
En partageant davantage les responsabilités, elle a trouvé un moment pour se retrouver. Elle a aussi créé une place pour une activité de 30 minutes avec sa famille le soir, où bouger pouvait s’accompagner de discussions et du plaisir de prendre le temps ensemble.
Cette expérience lui appartient. Nous n’avons pas de mesure chiffrée de son énergie ni de délai précis à rapporter. Ce qui compte dans son récit, c’est le changement qu’elle a nommé : moins porter seule et sentir davantage la participation de sa famille.
Est-ce vraiment un manque de volonté?
Lorsqu’une personne n’arrive pas à maintenir une habitude, je souhaite comprendre sa réalité avant de conclure à un manque de volonté.Elle peut être fatiguée, avoir peu de soutien, traverser une transition ou tenter de faire tenir trop de choses dans une même journée. Nous devons explorer ce qui se passe pour elle plutôt que présumer de l’explication. Savoir qu’une activité nous ferait du bien ne crée pas automatiquement le temps, les ressources ou l’espace nécessaire pour la faire.
Cela ouvre des questions utiles :
Cette habitude correspond-elle encore à ce que je souhaite?
Est-ce que j’essaie de tout changer à la fois?
Est-ce qu’une responsabilité pourrait être partagée?
À quel moment mes besoins disparaissent-ils de l’agenda?
Les réponses seront différentes pour chaque personne. Dans l’histoire de cette maman, rendre l’organisation visible et envisager les tâches en équipe a ouvert une possibilité. Pour quelqu’un d’autre, il faudra explorer une autre piste.
Comment protéger ses besoins sans suivre un programme strict?
Je parle de non négociables pour désigner des repères que la personne choisit de protéger parce qu’ils comptent pour elle. Ils ont besoin d’une place concrète, tout en laissant de la souplesse pour les fluctuations du quotidien. Il y aura des imprévus. Une activité pourra être déplacée. Certaines journées demanderont un autre rythme.
Mais si tes besoins sautent systématiquement, nous pouvons nous demander ce qui se passe dans ton organisation. Est-ce qu’il y a une place prévue pour toi? Est-ce que les attentes sont réalistes? Est-ce qu’une limite mérite d’être discutée? Un repère peut être un moment seul, une limite de travail ou une activité agréable. Il se choisit à partir de ce que tu souhaites retrouver et de ce qui est possible maintenant.
Nous pouvons ensuite observer ce qui aide à le maintenir, ce qui le rend difficile et ce qui mérite un ajustement. L’objectif est que ce repère puisse vivre dans ton quotidien.
J’ai moi aussi dû revoir mes priorités
L’arrivée de mon fils au secondaire m’a amenée à réfléchir à ma présence auprès de lui.
Mon expérience comme infirmière en santé mentale auprès d’adolescents m’avait sensibilisée à l’importance de la communication. J’avais souvent entendu des jeunes parler de leurs difficultés à communiquer avec leurs parents.
Dans ma propre famille, une période où l’un de nos fils était très réactif sur le plan émotionnel m’avait aussi amenée à me former auprès de Joël Monzée et à lire ses travaux sur l’attention et la présence. Ce parcours avait nourri ma réflexion sur la présence réelle.
À l’entrée au secondaire, j’ai donc revu mes non négociables. Je participais à des 5 à 7 et à d’autres événements pour la clinique. J’ai choisi d’en décliner et de réfléchir à d’autres façons de rendre Kaméva visible.
Même lorsque j’étais inscrite à un événement, il m’arrivait de réévaluer mon besoin d’être auprès des miens, sans me culpabiliser. J’ai également posé une limite à mon travail.
Comme entrepreneure, il y a toujours quelque chose à poursuivre. Si j’attends que tous les projets soient terminés pour me rendre disponible, cette disponibilité peut être constamment reportée.
Ces choix ont ouvert de la place pour l’activité en famille, la préparation des repas ensemble, les discussions, les rires et les taquineries. Ils m’ont permis d’être présente à des moments que j’aurais autrement manqués.
Ce sont mes choix dans mon contexte. Une autre famille pourra protéger ces moments d’une autre manière.
Adapter ses habitudes aux transitions de vie
La vie comporte des transitions. Un nouvel horaire, l’arrivée d’un enfant, une séparation ou un changement professionnel peuvent modifier la place disponible pour certaines habitudes. Revenir à ce qui nous convient maintenant fait partie de ma façon d’envisager l’accompagnement. Une organisation qui répondait à un besoin auparavant peut nécessiter des ajustements aujourd’hui.
Nous pouvons accueillir les émotions liées à ce changement, puis chercher une action accessible dans les circonstances. La marge de manœuvre varie d’une personne à l’autre; elle mérite d’être reconnue. Je pense parfois à ces moments au chalet où l’on prend le temps de regarder la neige tomber, de profiter de la nature ou de ressentir la chaleur sur ses joues. Cette image me rappelle la place que je souhaite donner à la présence.
Dans la vie courante, cela peut commencer par une question : qu’est-ce que je souhaite préserver dans cette période, et comment lui donner une place?
Quel accompagnement pourrait t’aider chez Kaméva à Gatineau?
Tu peux avoir besoin d’un premier échange pour préciser ce qui te freine. Tu peux aussi reconnaître un sujet pour lequel tu souhaites du soutien professionnel.
À Kaméva, nous souhaitons faire le lien entre ce besoin et un accompagnement pertinent, en tenant compte de tes attentes et du champ de pratique du professionnel.
Si tu te sens débordée ou que poser tes limites est difficile
Une consultation individuelle peut être une piste à explorer, notamment lorsque tu souhaites du soutien autour du stress, des limites ou d’une transition de vie.
Le choix du professionnel dépendra de ce que tu vis et du soutien recherché.
Si les responsabilités créent des tensions à la maison
Lorsque la communication ou la répartition des responsabilités créent des tensions dans le couple ou la famille, un accompagnement conjugal ou familial peut être envisagé avec les personnes concernées. Tu peux explorer les services psychologiques de Kaméva et les profils de notre équipe pour mieux comprendre les accompagnements proposés.
Si tu souhaites un moment pour toi et un soin corporel
Tu peux te renseigner sur la massothérapie chez Kaméva et discuter de tes attentes avec une massothérapeute. Ce rendez-vous peut avoir sa place dans ta démarche, sans constituer une réponse à toutes les causes de ta surcharge. Il peut aussi ressortir de la discussion que ta prochaine étape est un ajustement à la maison, ou qu’un autre professionnel serait mieux placé pour répondre à ton besoin.
Par où commencer si je ne sais pas quel service choisir?
L’Échelle Équilibre Kaméva aide à ouvrir une discussion sur tes habitudes de vie et tes ressentis actuels. Elle ne pose pas de diagnostic.
Tes réponses permettent d’explorer ce qui est présent dans ta vie et ce que tu souhaites prioriser. Si tu veux en discuter, la Pause santé de 15 minutes sert à faire un survol de l’Échelle, à préciser ce qui compte pour toi et à explorer une prochaine étape.
Ce premier échange ne remplace pas une consultation approfondie. Il peut aider à comprendre comment nous pourrions t’accompagner ou t’orienter au besoin.
Tu sais quoi faire, mais tu n’arrives pas à le maintenir? Tu peux commencer par faire le point sur ce que tu aimerais retrouver et ce qui prend actuellement toute la place.
Tu souhaites explorer tes réponses avec nous?
Demande une Pause santé de 15 minutes pour préciser tes priorités et comprendre quel accompagnement pourrait te convenir.
Mélyssa Brisson-Guénette est infirmière et copropriétaire de Clinispa Kaméva à Gatineau. Son expérience en santé mentale nourrit une approche centrée sur l’écoute, les habitudes de vie et la réalité de chaque personne.





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