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Être accompagnée à partir de ce que tu vis et de ce que tu souhaites retrouver, sans faire du poids ton objectif

Photo du rédacteur: Clinispa Kaméva
Clinispa Kaméva
il y a 10 minutes
7 min de lecture

Oui. Tu peux vouloir prendre soin de ta santé sans faire de ton poids un objectif. Tu peux chercher à retrouver de l’énergie, à te sentir plus calme, à avoir davantage de place pour toi ou à mieux comprendre ce qui te surcharge.


Tu peux aussi avoir besoin d’aide sans vouloir qu’on te remette une liste de règles à suivre.

Comme infirmière et copropriétaire de Clinispa Kaméva, à Gatineau, je tiens à ce que notre point de départ soit ce que la personne vit. Son quotidien, ses ressentis, ses besoins et ce qui compte pour elle nous donnent matière à explorer ensemble.


La question qui guide cette discussion est simple : « De quoi as-tu vraiment besoin maintenant? » La réponse t’appartient. Notre rôle est de t’aider à la préciser, puis à trouver une prochaine étape qui a du sens dans ta vie.


Qu’est-ce que tu espères retrouver derrière un objectif de poids?

Lorsqu’une personne me parle de perte de poids, je lui demande ce que ce résultat signifie pour elle. Qu’est-ce qu’elle souhaite voir changer? Qu’est-ce qu’elle imagine pouvoir ressentir ou faire autrement?


Pour certaines personnes, la réponse touche l’énergie. Pour d’autres, elle concerne la confiance, le confort dans leur corps ou le sentiment de pouvoir enfin prendre soin d’elles.

Je souhaite comprendre cette demande sans la juger. Je veux aussi laisser de la place à ce qu’elle ne dit pas encore.


Un chiffre sur la balance ne raconte pas à lui seul le niveau de stress, l’histoire personnelle, le sommeil, les relations ou la surcharge d’une personne. Ces dimensions méritent qu’on s’y attarde lorsqu’elle souhaite les explorer. Ma conviction est que notre accompagnement doit partir de ses besoins. Si elle cherche de l’énergie, nous pouvons discuter de ce qui lui en demande et de ce qui l’aide à récupérer. Si elle souhaite davantage de calme, nous pouvons regarder les moments où ses journées débordent.

Cela nous permet de choisir des objectifs liés à son quotidien et à ses habitudes, sans promettre un résultat sur son poids.


Une prise de sang qui a ouvert une autre discussion

Une cliente s’est présentée pour une prise de sang prescrite par son médecin. Pendant la rencontre, elle m’a parlé de son souhait de perdre du poids. En regardant ses réponses à l’Échelle Équilibre Kaméva, plusieurs préoccupations ressortaient : un stress important, un sommeil perturbé, des courbatures et le sentiment d’être souvent en alerte.


Ces réponses ouvraient des pistes de discussion. Elles ne permettaient pas de poser un diagnostic ni de conclure à la cause de ses difficultés. Je lui ai alors demandé, en substance : « Tu me parles de perte de poids, mais qu’est-ce qui se passerait si ton corps arrêtait d’être en alerte? »


Elle m’a répondu qu’elle se sentirait plus calme et plus disposée. Nous avions quelque chose de concret à explorer. Je lui ai demandé ce dont elle avait besoin pour retrouver ce calme et cette disponibilité. Elle souhaitait identifier ce qui la surchargeait et agir là-dessus. Dans son cas, la discussion nous a amenées vers l’organisation de ses journées.

Nous avons donc regardé une semaine type : le travail, le sommeil, les activités quotidiennes, les engagements et la place qu’il restait pour elle. Le fait de créer un visuel permettait de voir où ça coinçait.


Elle a choisi des repères importants pour elle : des journées de travail qui ne s’éternisent pas, une présence réelle auprès de sa famille, du temps pour préparer le souper ensemble et une activité de 30 minutes où bouger pouvait aussi devenir un moment d’échange.


Elle souhaitait laisser les conversations venir naturellement, plutôt que rendre chaque discussion sur la journée obligatoire. Elle voulait également limiter la télévision et organiser son coucher pour prévoir huit heures de sommeil.


Après une à deux semaines, elle m’a rapporté moins de réticence à aller bouger et de bonnes discussions en famille. Elle remarquait que les bénéfices de ce moment dépassaient l’activité elle-même. Ce retour décrit son expérience. Il ne garantit pas le même résultat à une autre personne et ne nous permet pas d’attribuer tous les changements à un seul ajustement. Mais il illustre ce que nous avons choisi d’observer : des éléments de sa vie qui comptaient pour elle.


Ses repères ne deviennent pas ton programme

Les choix de cette cliente correspondaient à sa situation. Ils ne constituent pas une liste de consignes que je remettrais à toutes les personnes qui viennent nous voir.

Ton travail, tes responsabilités, tes ressources et tes préférences peuvent être très différents. Tu peux vivre seule, travailler à des heures variables ou traverser une période où ta marge de manœuvre est réduite. Il faut pouvoir en tenir compte.


Lorsqu’on parle de « non négociables », je pense à des repères que la personne choisit de protéger parce qu’ils comptent pour elle. Leur forme peut être réajustée selon le contexte. Une réunion peut finir plus tard. Une mauvaise nuit peut changer ton niveau d’énergie. Certaines journées demandent plus de douceur. Reconnaître cette réalité fait partie de la démarche.


Nous pouvons aussi regarder si une difficulté devient récurrente. Si le travail déborde tous les soirs, il y a peut-être quelque chose à revoir dans l’organisation ou les attentes. Si c’est une soirée exceptionnelle, nous pouvons simplement accueillir cette journée et reprendre nos repères ensuite. L’objectif est de construire une façon de prendre soin de toi qui puisse vivre avec les journées ordinaires et les imprévus.


Apprendre à choisir selon ce qui compte pour toi

J’ai récemment discuté avec une personne qui hésitait entre retrouver sa famille et participer à un 5 à 7 soulignant la fin d’un parcours. Elle souhaitait être présente pour son équipe. Elle ressentait aussi, depuis plusieurs jours, un besoin de se retrouver auprès de ceux qu’elle aime.


Les deux désirs avaient leur place dans la discussion. En nommant ce qui la travaillait et ce dont elle avait besoin à ce moment-là, elle a finalement choisi de rejoindre sa famille.

Cette décision lui appartenait. Une autre personne, dans un autre contexte, aurait pu choisir le 5 à 7 et y trouver quelque chose de précieux.


Cet exemple montre pourquoi je reviens à la question : « De quoi as-tu vraiment besoin maintenant? » Elle invite à reconnaître son besoin avant de décider. Elle laisse aussi la possibilité de faire un choix différent demain.


Dans un accompagnement, nous pouvons prendre le temps de regarder ce qui facilite une décision, ce qui la complique et ce qui revient souvent. La personne reste au centre de ses choix.


Des objectifs d’habitudes de vie plutôt qu’une promesse de poids

Je ne souhaite pas promettre une perte de poids chiffrée. Dans notre démarche, nous explorons les différentes sphères de vie, puis nous demandons à la personne ce qu’elle considère comme prioritaire.


Si elle souhaite retrouver de l’énergie, ses réponses peuvent l’amener à regarder son sommeil. Nous pouvons alors préciser ce qu’elle aimerait essayer, les difficultés qu’elle rencontre et les repères qu’elle veut observer.


Un objectif devient plus utile lorsqu’il est assez concret pour être discuté au suivi. Par exemple : protéger un moment de récupération, revoir une fin de journée qui déborde ou trouver une occasion de bouger qui lui plaît.


Au fil des rencontres, nous pouvons revenir sur ce qui a été possible, ce qui a coincé et ce qui doit être ajusté. Cette discussion permet de tenir compte de la réalité plutôt que de demander à la personne de s’adapter à un plan figé. Les signes de changement peuvent aussi être ceux qu’elle nomme : se sentir plus disponible pour sa famille, avoir moins de réticence à une activité ou reconnaître plus facilement le moment où elle a besoin de repos. Nous avançons à partir de ces observations, sans transformer chaque rencontre en évaluation de réussite ou d’échec.


Tu peux dire que tu ne veux pas parler de ton poids

Si tu arrives en disant : « Je ne veux pas parler de mon poids », cette limite a sa place dans la discussion. L’objectif de notre rencontre est de faire un survol de tes habitudes de vie et de tes ressentis actuels. Nous pouvons commencer par ton sommeil, ta surcharge ou ce que tu aimerais retrouver dans tes journées. Tu peux nommer les sujets que tu souhaites aborder et ceux que tu ne souhaites pas explorer.


Si tu exprimes des préoccupations importantes autour de l’alimentation ou de ta relation avec ton corps, nous pouvons discuter d’un accompagnement adapté, notamment en psychologie lorsque pertinent ou une consultation avec une nutritionniste. Notre rôle comprend aussi de reconnaître les limites de ce que nous pouvons t’offrir et d’envisager une orientation vers un autre professionnel au besoin. Tu n’as pas à arriver avec une explication complète de ce que tu vis. Nous pouvons commencer avec les mots que tu as aujourd’hui.


L’Échelle Équilibre et la Pause santé : un point de départ

À Kaméva, l’Échelle Équilibre est un outil pour ouvrir une discussion. Elle n’est pas un outil diagnostique. Tes réponses peuvent t’aider à reconnaître des besoins, à mettre des mots sur tes ressentis et à voir ce que tu souhaites prioriser. Le professionnel peut soutenir cette réflexion; la priorité se choisit avec toi.


Pour les personnes qui souhaitent en discuter, la Pause santé de 15 minutes permet de faire un survol de l’Échelle et de préciser ce qui compte vraiment pour elles. C’est un premier échange pour explorer leurs besoins et voir comment nous pourrions les accompagner ou les orienter au besoin. Tout ne sera pas approfondi en 15 minutes. Cette pause peut toutefois aider à clarifier un point de départ.Tu peux vouloir un service précis. Tu peux aussi souhaiter réfléchir à une démarche plus large. Dans les deux cas, nous partons de là où tu es.


Si tu souhaites faire ce premier pas, commence par l’Échelle Équilibre Kaméva. Si tu désires ensuite revenir sur tes réponses, tu peux demander une Pause santé de 15 minutes.


La question de départ reste la même : de quoi as-tu vraiment besoin maintenant?

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